Voici en sa contemporanéité, l’église qui accueillit en 1966 des oeuvres de Jean Cattant;
.Se présente à gauche la statue de st Marcel, st Patron de la Paroisse.
L’entrée de l’église, 82 bd de l’hôpital, arbore une forme pyramidale ;
Cette façade en verrière s’élevant sur 25 mètres, ouvre l’espace interne
« composé du porche, du narthex, de la salle d’accueil, de l’escalier principal et de l’ascenseur. » (Art Culture et Foi Paris 2019)
« le narthex et le clocher identifiable à ses abat-sons en chevrons inversés figurant les doigts de deux mains jointes – « les doigts de Dieu, selon Jean Michelin-« .
Cette « nouvelle visibilité » fut donc pensée en 1993 par le fils de Daniel Michelin, ayant construit l’église en 1966.

C’est le maître-verrier Henri Guérin qui a conçu l’ensemble du clocher-porche et de la verrière ; des éléments de vitraux sont intégrés dans cette dernière.
« La surface est occupée par des dalles de verres maintenues par une résille d’acier » (ACF Paris 2019)
Sur l’image à gauche, nous pouvons voir -de l’intérieur- avec les détails du narthex, le travail du maître-verrier ;
en allant vers le premier étage où se situent les messes, célébrations.
LA NOUVELLE ÉGLISE DEPUIS 1963
Les travaux se déroulèrent entre 1963 et 1966-67.
Jean Cattant fut choisi pour réaliser la statue de l’évêque Marcel, et celle de la Vierge.
(Saint Marcel se relie au trio des saints protecteurs de Paris (avec saint Denis et sainte Geneviève.)
– Les annales de la paroisse font état d’un lieu de culte provisoire installé entre les rues Jeanne d’Arc et Esquirol ;
-en attendant les derniers aménagements de 1967

(-Le texte à gauche de l’image issu de la revue « Art Chrétien » a été agrandi par souci de visibilité.-)
L’église actuelle remplacera donc « Saint-Marcel-de-la-Salpêtrière », (1856) de style néo-gothique ;
sur décision de la ville de Paris et des Chantiers du Cardinal, –constructeurs-rénovateurs du patrimoine religieux francilien–
En effet l’édifice se délabrait .
– Au Noël 1962, la dernière messe avant démolition y fut célébrée;
-l’antériorité la plus ancienne à la construction prévue alors étant une collégiale du 12e siècle.
— en 1993, l’architecte Jean Michelin reprit le projet, boulevard de l’hôpital.
L’entrée adaptée à l’urbanisme du quartier donnait un traitement en hauteur à la suite architecturale
— En 1966, selon l’article de « Art Culture et Foi— ; »
« Un vaste parvis et la façade de l’église étaient prévus au sud, » sur la rue Jeanne-d’Arc qui devait être élargie…
Mais « les immeubles entre l’église et la rue Jeanne-d’Arc sont finalement conservés. »

Plusieurs lieux de culte du quartier st Marcel, précédant la nouvelle église, se situaient dans la partie actuelle du bd st Marcel correspondant au Ve arrondissement de Paris.
La Vierge apparaît par l’ouverture triangulaire de la chapelle, à droite du chœur.
– L’autre ouverture, plus loin à gauche, correspond à la chapelle st Marcel.
Sur la page ci-dessous, voici le détail de la salle des célébrations, avec les deux chapelles de part et d’autre du chœur ;
et la Vierge du sculpteur dans celle de droite. – Ces chapelles sont ornées des émaux cuits sur lave de Francisca Guerrier ;
– vitraux dessinés par Isabelle Rouault, (la fille du peintre Georges Rouault)
– et exécutés par les artistes peintres-verriers Paul et Adeline Bony ;
– qui ont également réalisé le bandeau en verre antique dont on entrevoit une fraction ci dessous à gauche de la page.

– Dès 1959 le père André Payon, commanditaire des travaux, concevra le plan de l’église st Marcel avec l’architecte Daniel Michelin.
C’est une réalisation marquée par le renouveau liturgique du Concile Vatican 2 (1962-65)
et toute première église de Paris construite sur son élan.
Ouvertement novatrice en son architecture -(sur 2 niveaux)- ses sculptures et vitraux ouvrant l’espace à la vie du quartier.
Cette traduction harmonieuse « in situ » de st Marcel et de la Vierge, reflète la belle entente régnant entre les artistes ;
Daniel Michelin, Jean Cattant, ainsi qu’Isabelle Rouault, et « les Bony », se suivaient dans l’aventure de l’art sacré ;
se croisant ou collaborant sur les projets ; et venant en discuter à la maison.

Plusieurs échos saluèrent la naissance de la première église parisienne née de la mouvance Vatican 2, en son esprit d’ouverture architecturale, artistique, et sociétale. Ainsi -entre autres- deux revues d’art sacré contemporain ; « art chrétien » et « espace » ; – qui rendirent hommage aux statues du sculpteur-
-___La revue « art chrétien », -ainsi que la revue « art sacré », antérieure- participèrent aux salons et aux grandes expositions de la reconstruction. Elles eurent toutes deux comme directeur éditorial Joseph Pichard ; dans la tradition des « Ateliers d’Art Sacré »- fondés par les peintres Maurice Denis et Georges Desvallières…
—-La revue « espace », centrée elle aussi sur l’expression artistique du sacré, avait comme conseillers de grands représentants de l’art sacré comme le père Alain-Marie-Couturier, et de grands noms de l’art contemporain ; tels les peintres Manessier, Bazaine, Bertholle ; l’architecte Novarina.

-Lettre au sculpteur, de l’abbé André Payon, qui conçut le projet de la nouvelle église, en collaboration avec l’architecte Daniel Michelin, et en supervisa l’avancée;
(-il officiait alors en l’église provisoire de la rue Jeanne d’Arc.)

1966-67 -FIN DES TRAVAUX EN LA NOUVELLE ÉGLISE-
Consécration.
MONNAIE DE PARIS . La médaille de l’église St Marcel. -Par Jean Cattant.
L’église st Marcel fut consacrée le 9 avril 1967.
La Monnaie de Paris fit appel au sculpteur pour créer la médaille de l’évènement.
Les noms des artistes intervenants sont inscrits au verso ; » ARCHITECTES MICHELIN-CORRET,
AlVITRAUX I.ROUAULT, SCULPTURES J.CATTANT, CHEMIN DE CROIX FRANCESCA, TAPISSERIE SINGIER.

Sur la médaille
se déroule le plafond en caissons optimisé par Daniel Michelin pour l’acoustique de la nef et de l’orgue ;
ainsi que la perspective aérienne de l’installation luminaire, guidant l’oeil vers le maître-autel en granit bleu.
Avec la chapelle du st Sacrement où se profile la Vierge en sa percée triangulaire,
et à droite un bout du long bandeau décoratif Bony, enclosant les hauteurs de la nef.
(Le peintre cartonnier Gustave Singier peignit le carton de la longue tapisserie du bas-côté gauche de l’église.)
(tissée par la manufacture nationale des Gobelins)
Dessins préparatoires – à la Médaille commémorative de l’évènement- pour la Monnaie de Paris : par Jean Cattant

La nouvelle église fut consacrée par le Cardinal Pierre Veuillot, archevêque de Paris, 129ème successeur de l’Evêque Marcel.
Une première recherche de l’artiste mettait l’accent sur le choix du lieu de culte (en fait, de son tombeau) par le saint; qui deviendra après le Ve siècle un important centre de pèlerinage et du culte à l’Evêque, -autour duquel se construisit la paroisse st Marcel.-
On peut voir dans le dessin du milieu, (renvoyant au célèbre emplacement choisi par le saint, à la croisée de l’actuel bd st Marcel et de l’avenue des Gobelins), s’imager le plan entier de l’église, tel que prévu par Daniel Michelin ; il ne put donc être mené jusqu’au bout à cause de l’urbanisme antérieur faisant obstacle dans le quartier.
A droite de la médaille, la main du saint, protectrice, s’élève en un graphisme profilant un bâtiment religieux. Et la main étendue de l’évêque Marcel répétée dans la troisième version indique que c’est bien le saint lui-même, qui choisit (et offre) l’emplacement de l’église.
1966
– La dernière station
dans l’atelier du sculpteur , avant le départ de l’évêque Marcel
-Il ne porte pas la mitre, la crosse de l’évêque devient un simple bâton de pèlerin. Il va pieds nus vers son église.

–Il ratifie de la main gauche la place du lieu de culte dans le quartier ;
-Oui, c’est bien là qu’il veut être.
Par là est la demeure du Saint Patron de l’église…Saint Marcel en son chœur
©2026Claire Cattant